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» L'incubation Artificielle
HISTORIQUE ET GÉNÉRALITÉS


La couveuse artificielle ou "incubateur" ne date pas d'aujourd'hui. Avant l'ère chrétienne, les Chinois et les Egyptiens construisaient ces machines. En Egypte ancienne ils se nommaient "Mammals". C'étaient de véritables constructions en maçonnerie comportant des fours chauffés à la bouse de chameau au dessus desquels se trouvaient les chambres d'incubation. Un seul homme s'occupait d'un Mammal pouvant incuber plusieurs milliers d'œufs. Il contrôlait la température des œufs en les appuyant sur ses paupières. Il n'était pas rétribué mais tirait son bénéfice de sa production en livrant 80 poussins pour 100 œufs mis à couver (nous savons tout cela grâce à la manie des anciens Egyptiens de tout comptabiliser). Compte tenu des œufs clairs, cela nous laisse rêveurs! Aucune couveuse moderne ne permettrait de vivre décemment dans ces conditions. La maîtrise de l'incubation artificielle, sans aucun appareil de contrôle, était donc meilleure que maintenant.

Plus récemment, c'est le Français Réaumur qui, après avoir inventé le thermomètre, s'est intéressé à l'incubation artificielle... avec plus de déboires que de succès. Mais dès la deuxième moitié du XIX° siècle, des couveuses à pétrole étaient présentées sur le marché et obtenaient des résultats fort honorables. M. Dimitri Liakhoff, qui n'était plus tout jeune, se servait encore chaque année d'une couveuse à pétrole, véritable pièce de musée, héritée de son grand-père, qui lui donnait des éclosions fort satisfaisantes.

Mais actuellement presque tous les incubateurs fonctionnent à l'électricité, bien qu'il existe encore quelques modèles à pétrole ou à gaz.

Le principe de l'incubateur est toujours le même : une enceinte à peu près étanche, souvent doublée de matériaux isolants, dans laquelle se trouvent principalement une source de chaleur régulée par un thermostat et, accessoirement, une source d'humidité et des orifices permettant le renouvellement progressif de l'air. On peut également y trouver des organes mécaniques facilitant le retournement des œufs. Dans cette description sommaire, j'ai énuméré les quatre nécessités : chaleur, humidité, aération, mouvement.

STATIQUE ou DYNAMIQUE

L'incubateur peut être "statique", c'est à dire que l'air contenu à l'intérieur ne se déplacera et renouvellera qu'en fonction de sa température et du réglage des ouvertures d'échange avec l'extérieur. Il peut également être "dynamique" ce qui signifie que l'air intérieur est brassé par un système de ventilation, ce qui n'exclut pas la nécessité de le renouveler progressivement par apport d'air extérieur. Selon qu'il s'agira de l'un ou de l'autre modèle, les réglages seront différents.

STATIQUE

Les incubateurs statiques sont les couveuses traditionnelles où les œufs sont disposés sur un seul plateau. Le chauffage s'effectue en général par le haut. Sur les modèles électriques, il s'agit le plus souvent d'une résistance tapissant la face inférieure du plafond, mais il existe aussi des modèles chauffés par de classiques lampes à incandescence ou par des lampes à filament de carbone. Sur les modèles à gaz ou à pétrole, l'air intérieur est réchauffé soit directement sous l'action d'une flamme permanente (dans ce cas la régulation de température est effectuée en évacuant les gaz trop chauds par ouverture d'une soupape, commandée par un thermostat mécanique, au sommet de la couveuse), soit par l'intermédiaire d'un réservoir d'eau chaude. Les modèles à réservoir d'eau chaude sont un peu plus complexes, donc souvent plus chers, mais les variations de température y sont beaucoup plus lentes, leur inertie étant importante.

Dans les couveuses statiques la température est toujours beaucoup plus élevée vers le haut de l'appareil que vers le bas, d'une part parce que la source de chaleur est presque toujours en haut, d'autre part parce que l'air chaud se rassemble toujours vers le sommet d'une enceinte fermée. La température est donc de plus en plus basse en allant du haut vers le bas. En moyenne, et quel que soit le modèle, elle descend d'un degré par centimètre, bien que cela puisse légèrement varier. Pour bénéficier de la même température, les œufs doivent donc tous être placés au même niveau et être de même grosseur. La température se mesure au sommet des œufs et doit être de 39° centigrades (se référer cependant à la notice du constructeur). Un œuf normal ayant de 4 à 5 centimètres d'épaisseur, la face inférieure est à 34 ou 35 degrés si le sommet est à 39 degrés. Le retournement des œufs au moins deux fois par jour est donc particulièrement nécessaire. Si l'on place en même temps des œufs de différentes grosseurs, les plus petits ne seront pas assez chauffés : un œuf de 3 centimètres d'épaisseur sera entre 37 et 35°. On peut pallier cet inconvénient en posant les œufs les plus petits sur une planchette compensant leur manque d'épaisseur mais ils seront alors un peu plus chauds que les gros œufs : entre 39 et 36 degrés et se développeront légèrement plus vite.

DYNAMIQUE

Dans un incubateur dynamique, l'air intérieur est brassé en permanence. Le plus souvent c'est un ventilateur mis directement dans la chambre d'incubation qui remplit ce rôle. Il doit être placé suffisamment loin des œufs ou protégé par une grille pour que les poussins naissants ne risquent pas de s'y blesser. D'autres modèles comportent une soufflerie qui prélève l'air en haut ou en bas de la chambre d'incubation et le réinjecte à l'autre extrémité après réchauffage et filtration.

L'avantage des modèles dynamiques est que la température est, théoriquement, uniforme dans l'ensemble de l'appareil. Les œufs sont à température égale sur toutes leurs faces. Des œufs de différentes grosseurs peuvent donc être placés ensemble. Si la ventilation est puissante, on peut y mettre plusieurs plateaux superposés contenant des œufs, pourvu que le fond de ces plateaux soit grillagé pour permettre la circulation de l'air. Le plus souvent il y a trois plateaux permettant de mettre en incubation tous les sept jours. Un quatrième plateau peut servir d'éclosoir à moins que l'on n'utilise une seconde couveuse pour cet usage.

Dans les modèles dynamiques la température doit être réglée à 37,8 ou 38 degrés, toujours mesurée au sommet des œufs, bien que, en théorie, elle soit partout identique. Les modèles dynamiques sont toujours plus chers à l'achat que les modèles statiques. A capacité et isolation égales, malgré le moteur de ventilation, ils consomment un peu moins de courant que les statiques car la température y est moins élevée : dans les modèles statiques, si la température est réglée à 39° au sommet des œufs, elle peut être beaucoup plus élevée au sommet de l'enceinte.

RÉGLAGE de la TEMPÉRATURE

Selon le modèle, la température doit être réglée à 39 ou 37,8 au niveau du sommet des œufs. Il importe de toujours effectuer les mesures et contrôles au sommet des œufs en incubation, la température pouvant être différente dans d'autres parties de l'incubateur, en particulier, évidemment, sur les modèles statiques.

La stabilité de la température est assurée par un thermostat. Il en existe de différents modèles. La sonde ou le corps du thermostat ne se trouvent généralement pas au niveau du sommet des œufs. C'est pourquoi il faut toujours se référer à un thermomètre placé sur les œufs. Les thermostats sont des appareils précis et fiables mais cependant incapables (sauf si l'on cherche dans les modèles de très haut de gamme, souvent trop chers pour un incubateur) de fournir toujours une température réglée au dixième de degré près. En général leur amplitude est de un degré (parfois 1/2 degré pour les modèles perfectionnés) c'est à dire que s'ils déclenchent le chauffage à 37,3, ils l'arrêtent à 38,3. Cette précision est tout à fait suffisante pour les œufs en incubation.

En demandant une température de 39° au sommet des œufs, nous devons donc bien accepter que cette température varie de 38,5 à 39,5 dans un incubateur statique, de même qu'elle varie de 37,3 à 38,3 dans un incubateur dynamique.

Pour bien connaître et bien régler la couveuse, je conseille toujours aux éleveurs d'acquérir plusieurs thermomètres médicaux du modèle classique, en verre et à mercure ou à alcool, qui indiquent et conservent la température maximale atteinte en un point. Dans un incubateur statique, l'un de ces thermomètres, servant de référence, est placé sur les œufs, au centre du plateau. Les autres sont dispersés dans les angles. Il est fréquent de constater que la température est nettement inférieure dans les coins qu'au centre. Si la variation est importante (plus de un degré) il faut neutraliser les angles du plateau. Si elle est faible (moins de un degré), il suffit de déplacer les œufs lors de chaque retournement pour que tous bénéficient alternativement de conditions à peu près identiques.

Dans un incubateur dynamique la température est théoriquement la même en tous points. Quelles que soient les qualités de l'appareil, cela n'est pas toujours vrai, en particulier lorsqu'il est utilisé à saturation et que la masse des œufs gène la circulation de l'air ventilé. Là aussi le contrôle avec plusieurs thermomètres médicaux est nécessaire. Dans les modèles à plusieurs plateaux superposés et utilisés à pleine capacité, il arrive aussi que l'un des plateaux soit moins (ou plus) chaud que les autres. La solution consiste à alterner l'emplacement des plateaux deux fois par jour lors des retournements. Comme pour un statique, il faut aussi contrôler la température dans les angles.

Les ACCIDENTS

Malgré tous les soins apportés par l'éleveur, des accidents sont toujours possibles : couveuse mal refermée, panne de courant prolongée, etc… N'ayez pas trop de crainte des chutes de température. En cours d'incubation, un refroidissement pouvant aller jusqu'à douze heures, s'il n'est pas souhaitable, ne compromettra pas sensiblement le résultat final. Il n'en est pas de même si ce refroidissement survient à proximité immédiate d'une éclosion. De toute façon il n'y a rien à faire sinon tout remettre en route. Ne compensez jamais un refroidissement par une augmentation de température.

Les surchauffes sont plus graves. Elles provoquent un développement anarchique des cellules et donnent des poussins déformés ou non viables. A partir de 42 degrés vous pouvez considérer votre couvée comme fortement compromise et si la température atteint 44, inutile de persister : envoyez les œufs à la poubelle. La présence permanente d'un thermomètre médical vous donnera de précieuses indications sur les éventuelles surchauffes.

Une légère surchauffe normale est celle qui accompagne les heures avant l'éclosion. Les poussins respirent de plus en plus, à fortiori quand ils ont bêché et commencent à acquérir une régulation thermique. La chaleur qu'ils dégagent contribue à chauffer l'incubateur et le thermostat n'a évidemment aucune action sur ce phénomène. Dans un incubateur dynamique le phénomène est imperceptible mais il est bien visible dans un incubateur statique où tous les poussins vont éclore en même temps. Cette élévation de température ne dépasse cependant jamais un degré.

L'HYGROMETRIE

La coquille des œufs est poreuse et les œufs se dessèchent naturellement. Des œufs conservés au réfrigérateur ou ailleurs deviennent de plus en plus légers et leur chambre à air augmente de volume. A fortiori des œufs placés à 38 degrés dans une couveuse. Cette perte doit être empêchée en plaçant les œufs dans un milieu saturé d'humidité.

Les humidificateurs des couveuses sont très variés. Le plus simple et le plus fiable reste un bac à eau placé, en général, sous les œufs. L'évaporation varie avec la surface d'eau en contact avec l'air. Pour pouvoir régler l'humidité, utilisez un récipient à bords inclinés (comme les bord d'une poëlle à frire) : la surface de contact eau/air variera selon qu'il sera plus ou moins rempli. On peut également placer des mèches ou des éponges dans le bac à eau, elles favorisent l'évaporation.

L'humidité se mesure avec un hygromètre, généralement vendu avec la couveuse. Cet appareil n'est pas toujours très fiable ni facile à régler. Il est conseillé de maintenir l'hygrométrie aux environs de 60 pendant 18 jours puis à 80 jusqu'à l'éclosion (se référer à la notice du constructeur qui connaît l'étalonnage de l'hygromètre qu'il fournit). Dans les incubateurs où plusieurs séries d'œufs à éclosion décalée sont placés, on règle à 60 pendant 5 jours puis à 80 durant les deux derniers jours avant chaque éclosion. Pour les incubations d'œufs de cane ou d'oie ces chiffres sont à augmenter légèrement. Je déconseille fermement de pulvériser de l'eau sur les œufs avant la naissance. Ce procédé a pour résultat d'obturer les pores de la coquille et d'asphyxier le poussin qui n'a pas encore bêché. Une hygrométrie élevée et bien réglée suffit à permettre la naissance.

Les indications de l'hygromètre n'étant pas toujours très fiables, il est bon de contrôler les œufs par mirage. Cela permet de voir parfaitement les dimensions de la chambre à air qui augmente très légèrement de volume au fur et à mesure de l'incubation. Si cette chambre à air est trop importante, augmenter l'hygrométrie, la diminuer dans le cas inverse. Travailler sur une ou plusieurs "couvées-test" permettra d'avoir de bons réglages pour les couvées suivantes.

A l'inverse de la température, l'hygrométrie ne peut être réglée par un appareil automatique comme le thermostat. Or l'hygrométrie extérieure, donc celle de l'air qui pénètre dans la couveuse, peut varier de façon importante selon que le temps est sec ou pluvieux. L'éleveur peut donc être amené à modifier le réglage de son humidificateur en cours d'incubation.

L'AÉRATION

Dès le début de l'incubation et de plus en plus au fur et à mesure qu'elle avance, les œufs respirent. Le poussin qui bêche respire quasiment autant qu'un poussin déjà né. Il y a donc consommation d'oxygène et production de gaz carbonique à l'intérieur d'un incubateur. Celui ci n'est pas une boîte strictement étanche et l'air qu'il contient doit être renouvelé. Pour cela deux orifices à ouverture réglable sont placés à des niveaux différents, l'un, vers le bas, pour l'admission de l'air, l'autre, vers le haut, pour son évacuation. Très légèrement entrouverts lors du début de l'incubation, ils le sont plus largement lorsque la naissance approche.

Admettre un renouvellement plus important de l'air en fin d'incubation entraîne des répercussions sur le réglage de température et d'hygrométrie, l'air nouvellement admis étant froid et sec. Pour la température, le thermostat compense automatiquement mais pour l'hygrométrie, l'éleveur doit intervenir en augmentant les possibilités d'évaporation dans l'incubateur.

Dans certains incubateurs il faut également surveiller la température à proximité de l'orifice d'admission d'air si des œufs s'en trouvent proches : un courant d'air froid sur des œufs en cours d'éclosion serait fatal aux poussins. Eviter de placer des œufs à cet emplacement.

Le RETOURNEMENT

Même s'il existait un incubateur parfait où température, aération et hygrométrie étaient réglés automatiquement durant toute l'incubation, il faudrait tout de même retourner les œufs.

Sous une poule qui couve une douzaine d'œufs, à peine la moitié se trouve au contact des plaques incubatrices de ses flancs. Les autres sont sous ses plumes, à la périphérie, moins chauds et moins humides. Mais la poule remue et déplace fréquemment ses œufs sous elle.

L'éleveur doit faire la même chose. Deux fois par jour, il retourne les œufs. Pour faciliter cette opération, les œufs sont marqués sur une face. Lors d'un retournement on voit la marque, au suivant on ne voit plus rien. Il profite de ces retournements pour déplacer les œufs sur le plateau : ceux de la périphérie ou éloignés dans les angles sont rapprochés du centre et inversement. retournement et déplacement sont à effectuer deux fois par jour.

Dans beaucoup d'incubateurs perfectionnés le retournement est soit entièrement automatique, soit au moins collectif. Dans le premier cas l'éleveur n'a jamais à intervenir. Dans le second, il se contente de tirer ou repousser un levier ou une manette qui agit sur la position des œufs. Ces appareillages sont fort pratiques. L'automatisme total permet de s'absenter sans compromettre la couvée. Le retournement collectif oblige à être présent mais simplifie considérablement la tâche.

Pourtant il existe des inconvénients. Tout d'abord l'éleveur pressé ou absent n'a pas le loisir de vérifier l'intérieur du couvoir. Il n'aère pas l'incubateur, ne laisse pas refroidir quelque peu les œufs comme le fait la poule qui va se nourrir et surtout il n'a jamais l'occasion de déplacer les œufs les uns par rapport aux autres. Dans un incubateur haut de gamme (mais fort cher) cela sera sans importance, dans un modèle classique le résultat sera plus aléatoire. Le second inconvénient est également appréciable : tout système de retournement assisté oblige à placer les œufs méthodiquement dans un appareillage, interdisant d'utiliser le volume total de l'incubateur. Ce manque de potentiel n'est pas à négliger car la plupart des systèmes diminuent d'environ un tiers la capacité des incubateurs.

La MISE en ŒUVRE

Lorsque vous venez d'acquérir votre incubateur, commencez par effectuer les premiers réglages à vide en suivant les indications du constructeur et celles de cet article. Soyez patient, attendez toujours au moins 12 heures avant de modifier les réglages.

Procédez ensuite à de nouveaux réglages plus précis après avoir chargé votre incubateur avec des œufs sans valeur. Vous serez souvent surpris de voir qu'il ne réagit pas toujours de même façon selon qu'il est vide, à moitié plein ou saturé. La présence des œufs en plus ou moins grand nombre peut en effet modifier les conditions de circulation de l'air à l'intérieur de l'appareil. Vous devrez en tenir compte quand vous l'utiliserez réellement ensuite. Ne vous fiez pas trop à votre mémoire : notez toutes vos observations : température en divers points, hygrométrie, etc… en fonction de vos réglages et du nombre d'œufs. Laissez l'appareil fonctionner au moins une semaine en modifiant éventuellement les réglages, et en n'intervenant qu'une fois toutes les douze heures. N'oubliez pas de faire varier l'hygrométrie et l'aération tout en essayant de conserver une température bien stable. A la fin de la période de réglage, jetez les œufs qui ont servi au test.

Vous faites alors votre première mise en incubation. N'attendez pas de ce premier essai des résultats exceptionnels. Quand les poussins naissent, notez avec précision le temps écoulé entre la mise en incubation et le moment où le plus grand nombre est sorti de la coquille. Eliminez de ce calcul les premiers et derniers nés, les causes de cette avance ou de ce retard pouvant être étrangères à l'incubateur. La moyenne obtenue doit se situer entre 20,5 et 21 jours (pour des œufs de poule de taille moyenne, type Gauloise). Si ce temps est plus court : température trop élevée; s'il est plus long : température trop basse avec, chaque fois, augmentation des pertes. Après avoir laissé aux poussins viables le temps de sécher (à moins que vous n'utilisiez un second appareil comme éclosoir), examinez les œufs renfermant un poussin mort en coquille, qu'il ait commencé à bêcher ou non, et, en particulier, les dimensions de la chambre à air : grande = air trop sec; petite ou nulle = hygrométrie trop élevée, air trop humide.

CONSEILS

Il existe sur le marché des incubateurs professionnels particulièrement performants mais qui sont fort chers et, à mon avis, superflus pour les amateurs. De toute façon, même ces modèles doivent faire l'objet d'un réglage attentif pour donner de bons résultats. La plupart des autres appareils sont tout à fait fiables et peuvent donner des résultats très suffisants, dépassant les 80% de naissances.

Les incubateurs sont comme les ordinateurs; quel que soit leur prix ou leur qualité, ils ne donnent pleine satisfaction qu'à partir du moment où vous savez vous en servir et êtes capable de les régler correctement.

Evitez d'acheter un incubateur trop petit. Les petits modèles manquent d'inertie et sont donc très sensibles aux variations du milieu extérieur comme aux secousses et vibrations. Si vous avez l'intention de mettre 100 œufs en incubation, achetez un modèle pour 200 œufs, son rendement à l'éclosion sera meilleur. Saturer en permanence un incubateur ne peut que diminuer son rendement.

Les appareils de haut de gamme ne méritent pas toujours l'investissement nécessaire, du moins pour des éleveurs amateurs comme nous. A l'inverse n'achetez pas systématiquement le meilleur marché : les économies sont rarement réalisées sur le coffrage mais le plus souvent sur l'appareillage de coût élevé : système chauffant, thermostat et appareils de contrôle qui sont les organes essentiels et doivent être très fiables.

J'ignore les performances des toutes petites couveuses pour 12 ou 18 œufs (parfois fort perfectionnées et disposant d'un retournement automatique) car je n'en ai jamais possédé. On m'en a dit le plus grand bien comme le plus grand mal. Je reste un peu méfiant devant ces petites cloches en plastique transparent.

Placez votre incubateur dans un local tranquille. Ne l'exposez pas aux rayons du soleil mais laissez le dans une pièce à température stable et sans courant d'air. Eloignez le des lave-linge et autres appareils sources de vibration. Posez le sur une plaque de polyéthylène expansé qui l'isolera de son support.

N'hésitez pas à ouvrir votre incubateur une à deux fois par jour. Contrôlez fréquemment température et hygrométrie. Aérez le : un refroidissement de courte durée n'est jamais nuisible.

Nettoyage et désinfection sont périodiquement nécessaires. Evitez cependant de désinfecter entre deux couvées consécutives, le produit utilisé pouvant imprégner le coffrage ou les isolants et nuire à la couvée suivante. En fin d'exercice, procédez à une désinfection totale et laissez l'appareil légèrement entrouvert jusqu'à la saison suivante.

Les ŒUFS

Ne mettez à couver que des œufs parfaitement formés, propres mais non lavés ce qui détruirait la cuticule qui les recouvre. Rejetez les œufs déformés ou trop gros ou trop petits par rapport à ceux que vos poules ont l'habitude de pondre.


Pour obtenir un bon rendement mettez dans l'incubateur des œufs vieux d'au plus une semaine, conservés dans une pièce tempérée et retournés chaque jour durant la période d'attente, jamais secoués ni heurtés. S'ils ont voyagé, laissez leur 24 heures de repos avant l'incubation. Sachez que plus un œuf est frais, plus il éclôt rapidement : un œuf du jour éclôt plusieurs heures avant un œuf vieux de huit jours.

FABRICATION LOCALE

Si vous ne trouvez pas dans le commerce l'incubateur qui vous convient et que vous êtes quelque peu bricoleur, vous pouvez toujours tenter d'en construire un, statique ou dynamique. La principale difficulté est d'obtenir une température uniforme dans l'ensemble de l'enceinte ou, tout au moins, sur la totalité de l'emplacement réservé aux œufs. On y arrive après quelques tâtonnements. Le mien fonctionne fort bien depuis plus de vingt ans avec un thermostat pour aquarium et un ventilateur d'ordinateur.

Quelques précautions cependant. Un thermostat pour aquarium est fabriqué pour travailler entre 18 et 32 degrés. On va lui demander de fonctionner en permanence entre 35 et 40. Il faut donc vérifier qu'il peut agir dans ces conditions sans perdre de sa précision ni de sa fiabilité. Ce n'est pas le cas des thermostats à bilame. Il vaut mieux choisir un modèle électronique à sonde dont le module de réglage reste à l'extérieur de l'incubateur. Quant au ventilateur il doit être tropicalisé, c'est à dire capable de fonctionner sans interruption dans un milieu chaud et humide.

Actuellement certains fabricants proposent aux éleveurs tout l'appareillage nécessaire pour fabriquer un bon incubateur : résistances, thermostats, ventilateurs, etc… Le résultat de la fabrication est généralement intéressant car, outre le plaisir de travailler avec un appareillage conçu par soi, l'on dispose généralement d'un incubateur exactement adapté à notre besoin. Ne croyez cependant pas pouvoir réaliser une importante économie : l'appareillage de qualité est cher… mais vous ne payez pas la main d'œuvre.

CONCLUSION

L'utilisation rationnelle d'un incubateur nécessite un minimum de précautions et de réglages de la part de l'éleveur, surtout lors des premières mises en service. Ensuite il faut continuer à le surveiller régulièrement. L'incubateur qui permet de partir trois semaines en vacances après lui avoir confié des œufs existe peut-être et est fort utile aux professionnels. Mais, en tant qu'éleveur, je ne serais pas tranquille si je n'allais voir mon incubateur chaque jour et même prendre quelques œufs dans la main pour "sentir" leur température. C'est un des petits plaisirs attachés à notre forme de loisir.

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